La propriété des crédits carbone dans le cadre de certains types de projet de compensation (notamment ceux où la population utilise la technologie diffusée et qui permet la réduction d’émissions de GES) est une question controversée, qui peut néanmoins être résolue.
Le porteur de projet est à l’initiative de celui-ci, et le conduit dans ses différentes étapes, prenant les risques qui y sont liés et de ce fait a la légitimité de se réclamer propriétaire des crédits.
Cependant, la population utilisatrice de la technologie développée (fours de cuisson améliorés, bâtiments, agro carburant…) pourrait se réclamer le droit de propriété des crédits carbone puisque ce sont eux qui ont directement généré les économies de CO2.
L’enjeu est de leur démontrer que les bénéfices en matière de développement sont réels et directs.
Le coeur de cette problématique réside dans le transfert des bénéfices de la finance carbone vers l’utilisateur.
Transfert des bénéfices
Certains projets financent directement les coûts de la technologie via la finance carbone. Dans cette approche, les utilisateurs en reçoivent directement les bénéfices par la réduction du coût de leur équipement.
Cependant, l’historique des programmes de cuiseurs économes démontre que des subventionnements directs créent des distorsions de marché et empêchent la mise en place de réseaux d’approvisionnement durables.
D’autres projets font cependant indirectement transférer les bénéfices aux utilisateurs.
Par exemple, dans le cas du projet NLS au Cambodge, la finance carbone est utilisée pour financer les coûts connexes qui ne peuvent pas être transmis au consommateur. Ceux-ci incluent les frais de marketing, de recherche et développement, de formation des producteurs, de contrôles qualité et d’assurance ainsi que de standardisation. Si les coûts de ces activités étaient répercutés à l’utilisateur final, les fours améliorés seraient bien plus chers et n’auraient plus d’avantage compétitif par rapport aux cuiseurs traditionnels.
Dans ce cas, les utilisateurs bénéficient indirectement de la finance carbone en réduisant leurs consommations d’énergie et en réalisant des économies sur leur budget dédié à l’achat de combustible.
Les utilisateurs du NLS bénéficient de la finance carbone directement via l'économie de combustible














